Avoir un enfant ?

Parole d'expert : les enjeux psychologiques de la stérilité

Parole d'expert : les enjeux psychologiques de la stérilité
Depuis quelques années, les pressions sociales qui pèsent sur la maternité des jeunes femmes se font plus fortes. Mais lorsque le désir est là et que le corps ne peut pas donner satisfaction, que se passe-t-il ?

Quand l’envie d’enfant est là, les limites de notre corps sont une blessure narcissique profonde. Cela implique une impossibilité de contribuer à la survie de l’espèce. L’enjeu est également la descendance familiale. Nos parents ont procréé pour qu’implicitement nous en fassions de même : la trace qu’ils ont voulu laisser doit être perpétuée.

C’est aussi un projet de couple et un épanouissement personnel. La stérilité est donc bien  un empêchement de cet accomplissement, de cette évolution psychique. Ne pas devenir père ou mère pose la question du statut auprès de ses propres parents : « Puis-je être adulte si je ne suis pas moi-même parent ? Â».

Le sentiment de culpabilité est fort. On peut avoir l’impression de ne pas être « complet Â», d’être nul et incapable. Les psychanalystes disent d’ailleurs qu’un bébé peut venir réparer la fonction phallique, symbole de pouvoir. D’autres solutions peuvent être envisagées pour venir nourrir malgré tout ce désir d’enfant, comme l’adoption.

Même si l’acceptation de cette réalité douloureuse peut prendre du temps, elle n’est pas impossible. Repérer cette difficulté est un premier pas. Etudier les différentes possibilités qui s’offrent à soi est une autre étape.

Dans tous les cas, un être humain est un sujet complet indépendamment de son statut de père ou de mère. D’ailleurs, être parent ne se résume pas au lien génétique et un attachement parent-enfant fort peut s’établir dans les cas d’aide médicale à la procréation ou d’adoption.

Caroline Draussin - Psychologue du développement, diplômée d’Etat

Commentaires

On m'avais annoncé une stérilité, du moins une impossibilité à garder un enfant et je commençait à accepter l'idée de ne jamais être enceinte (l'dée d'adopter, restait  présente...). Curieusement ce n'était pas le plus dur. Le plus compliqué est la lourdeur des gens "quand est-ce que vous nous faitees un petit?" Comme si c'était un due!!!! J'ai fini par répondre séchement aux gens "Je suis stéérile" ce qui a fais courire le bruit dans mon entourage et plus personne ne me posait la question! Mais quend je suis tombée enceinte et que le bébé a finalement tenu, je suis passé pour une menteuse et pour la fille "qui a fait un bébé dans le dos"... pas simple.... Alors on dit quoi???

Par mowgouaille le mardi 19 juillet 2011 à 12:28:05

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